Un réchauffement climatique ?… Plutôt un véritable hiver des peuples européens !

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 69)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo qu’il a publiée le 16 juillet 2013 fait apparaître un Alexandre Mirlicourtois qui renoue avec un certain optimisme…
« Pas à pas, le chiffre du commerce extérieur de la France s’améliore. »

Mieux : ce serait carrément le moteur de l’économie de production de la plus-value (terme marxiste qui n’entre bien sûr pas dans le vocabulaire de Xerfi Canal) qui serait intéressé dans l’amélioration ressentie :
« Une fois n’est pas coutume, cette amélioration de nos échanges provient de l’industrie. Car du côté de l’énergie, au contraire, la facture s’est alourdie entre 2011 et 2013, elle passe de 24 à 26 milliards d’euros, soit 2 milliards de perdus. »

En face de quoi, il est donc possible de faire figurer…
« Une balance industrielle dont le déficit s’est réduit de près de 9 milliards d’euros passant de 25 à 17 milliards d’euros sur la période. »

Cependant l’amélioration du commerce extérieur ne dépend pas que de l’évolution du coût de l’énergie ou d’une augmentation des exportations… Il faut donc…
« Entrer dans la mécanique pour savoir si l’embellie s’explique par un regain de compétitivité qui permet de récupérer des parts de marché en interne et à l’international. Ou bien pour savoir s’il s’agit de la seule conséquence de l’écrasement de notre demande domestique. »

La première alternative est un privilège allemand permanent… quand la France ne peut plus qu’y voir l’effet d’une embellie plus ou moins providentielle qu’elle doit à sa qualité de wagon embarqué, si possible, dans le train de l’Allemagne ou des Etats-Unis…

Or, le  « modèle allemand » – c’est-à-dire plus particulièrement le collier étrangleur de l’euro -, exige d’elle comme des pays du Sud de la zone couverte par la monnaie unique, que la seconde alternative demeure présente et active, tant pour maintenir l’équilibre budgétaire de ces pays dans les bonnes limites, que pour assurer à l’Allemagne les surplus considérables que nous lui connaissons désormais…

Qu’en était-il donc de la consommation des ménages à l’été de l’an 2013 ? La réponse d’Alexandre Mirlicourtois ne laisse place à aucune possibilité de s’illusionner une seconde de plus :
« Du côté des importations, on est passé de la simple décélération à la baisse sur les 12 derniers mois, le mouvement s’accélère donc et il est plus violent que celui des exportations. C’est bien ce décalage qui explique la réduction de notre déficit industriel. Déception. »

Mais tout de même pas découragement total. En effet, il reste possible de se jeter sur la moindre bouée de sauvetage qui passe :
« Alors oui, l’amélioration de notre commerce extérieur industriel est bien liée à la contraction de notre demande intérieure, mais une petite part s’explique aussi par un très léger redressement de notre compétitivité. Certes, ce n’est qu’un zeste de compétitivité, mais il mérite d’être souligné. »

Faisons maintenant un bond d’environ six semaines, et nous voici devant la vidéo publiée le 3 septembre 2013 sous le titre : « Commerce : une rentrée anxieuse ». Une nouvelle fois, les propos d’Alexandre Mirlicourtois sont plutôt mitigés :
« La consommation des ménages a rebondi, mais pas le chiffre d’affaires de la distribution ! En hausse de 0,4%, les dépenses des Français ont pourtant pleinement participé au rebond surprise de la croissance au 2ème trimestre. »

En tout cas, cette pochette-là n’a pas eu le même effet sur tout le monde :
« Une bonne nouvelle que les distributeurs peinent à croire, eux, qui ont enregistré un recul de 0,1% de leur chiffre d’affaires selon la Banque de France. »

Impossible donc d’en rester là. Mais…
« Alors comment expliquer un tel décalage ? En fait, il faut examiner les composants de la hausse de la consommation. Et que voit-on ? Que la hausse a été portée par la flambée des dépenses d’énergie liée à un printemps hivernal : c’est bon pour EDF, c’est bon pour les distributeurs de fuel et c’est à peu près tout. »

Autre piste, encore, mais c’est bien la dernière :
« Une hausse portée aussi par le sursaut des achats d’automobiles, c’est bon pour le chiffre d’affaires des concessionnaires. Pour le reste, c’est l’encéphalogramme plat …..ou pire. »

Quant à la morale de la fable (allemande ?)… Il y aurait là…
« De quoi expliquer les déconvenues du commerce de détail sur les principaux postes discrétionnaires, c’est-à-dire là où les ménages peuvent facilement se serrer la ceinture. »

Ce qui veut dire : le relativement « superflu »…
« Dans l’habillement, le chiffre d’affaires en volume a ainsi chuté de 3% au deuxième trimestre, dans l’horlogerie bijouterie de 2,2%, dans la parfumerie et les produits de beauté de 0,3%. Et si on élargit l’analyse aux dépenses dans les services aux ménages ou dans l’hôtellerie-restauration, le ton est le même. »

Or, en règle générale, la leçon de Berlin – une certaine frugalité des peuples européens – commence peu à peu à produire les effets que la finance internationale attend d’elle. Apprécions, en passant, le vocabulaire choisi d’Alexandre Milircourtois, et apprécions aussi, en image, l’étrange évolution des cinquante dernières années : cela préfigure le détail de ce qui nous attend dans le cadre imbécile de la prétendue lutte contre le réchauffement climatique :
« La crise est installée dans les esprits et les Français sont au régime sec comme le montre l’écart grandissant entre l’opportunité de faire des achats importants et celle d’épargner. Un écart historique depuis 1972, date des premières informations disponibles ! »

Or, même si notre analyste n’en parle pas ici, il faudrait bien sûr distinguer : qui épargne pour le bon motif de l’accumulation des capitaux, et qui est carrément au régime sec, pour soi-même et pour ses enfants, en attendant de pouvoir éventuellement « valoriser » l’habitat familial… Ce ne sont certainement pas les mêmes Français…

Mais, de toute façon, la leçon est bien allemande… Et quoi qu’il en soit des éventuels grincements de dents…
« Les conditions d’une véritable reprise de la consommation ne sont pas réunies : 1- le pouvoir d’achat est rogné de tous les côtés et les hausses d’impôt décidées en 2012 c’est maintenant pour le portefeuille, 2-  les comportements se sont adaptés à une crise durable. »

Ainsi la conclusion d’Alexandre Mirlicourtois nous montre-t-elle que c’est plutôt une douche froide « durable » qui nous attend, et non pas rien que comme un phénomène seulement naturel…

Michel J. Cuny

Document n° 70…
Mais qui est-elle donc, cette France qui s’affole de se découvrir nue ?


2 réflexions sur “Un réchauffement climatique ?… Plutôt un véritable hiver des peuples européens !

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