Du côté des ménages français, est-ce que ça rigole vraiment après toutes ces guerres ?

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 43)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Tandis que, comme Olivier Passet et son confrère Mirlicourtois nous l’ont montré pour 2012 et la préparation du budget de 2013, les outils de production à destination de la consommation intérieure ont pris des coups dont le système d’information français s’est bien gardé de dire l’extrême danger, les ménages des classes travailleuses pratiquaient discrètement, eux, le serrage de ceinture. C’est ce dernier point qui retient l’attention d’Alexandre Mirlicourtois dans sa vidéo du 15 octobre 2012 sur Xerfi Canal… Et cela prend d’abord la forme d’un constat :
« Les Français dépensent moins. »

Ils paient les pots cassés d’une crise dont ils n’ont pas encore compris le fin mot… qui est que cela sera pour très longtemps leur pain quotidien et celui de leurs enfants… Rien qu’un basculement de civilisation… En attendant, et après la guerre (Libye) comme pendant la guerre (Syrie)…
« En temps de crise, consommer c’est choisir. Et choisir parmi les postes arbitrables ! »

Car, il y a tout ce qui ne supporte pas qu’un arbitre s’en mêle. La seule nécessité y suffit : inutile de tenter d’y broncher… Alexandre Mirlicourtois se charge de nous rappeler à cette dure réalité de ce que, pour ma part, je n’hésite pas à appeler : la schlague fermement tenue en main par le « modèle allemand »…
« Certaines dépenses, incontournables, ne peuvent pas faire l’objet d’ajustement. C’est le cas du logement. Un logement qui absorbe plus de 21% du revenu des ménages et représente le quart des dépenses totales. Un budget logement qui a augmenté de 4% par an entre 2000 et 2011. C’est 1 point de plus que le reste de la consommation. »

Et c’est aussi pas mal de S.D.F.

Mais il y a plus vicieux… et qui agit comme une très grosse marée montante qui devrait nous inviter à prêter une attention soutenue à l’étrange chanson de l’écologie d’importation… allemande (Tu m’entends, Daniel Cohn-Bendit ?)
« Certes, la hausse des loyers a ralenti. Mais les tarifs liés à l’assainissement, à la collecte des ordures mais aussi le prix du gaz ou de l’électricité sont eux en progression rapide. »

Et puis il y a aussi ce dont Alexandre Mirlicourtois aurait pu nous dire – si nous nous en tenons aux trois derniers termes qu’il va maintenant utiliser – qu’en l’absence de privatisation de France Telecom, le service rendu dans ces trois domaines eût été tout à fait différent et pour des tarifs bien moins explosifs…
« Parmi les incontournables, il y a aussi les dépenses qui font l’objet de contrat ou d’abonnement. Je pense aux assurances, à la téléphonie mobile, à internet, au câble… »

Ce sont donc là nos chaînes… Les vraies, pour le coup. Et dont l’étreinte se resserre et se resserrera irrésistiblement dans les années qui viennent… Laissons Alexandre Mirlicourtois nous dire ce qu’il en était dès 2012 :
« Toutes ces dépenses sont des dépenses dites contraintes ou pré-engagées sur lesquelles les ménages n’ont pas de prise. Elles auront augmenté de 4% environ cette année en valeur contre une hausse de 1,8% pour l’enveloppe globale. »

Voyons maintenant les domaines dans lesquels nous pourrons encore choisir de déposer nous-mêmes quelques sangsues…
« Le premier, c’est l’alimentaire, un cas à part. Bien sûr l’ajustement sur les quantités est une solution de dernier ressort. Mais les ménages peuvent privilégier les produits les moins chers. Ils mangent par exemple moins de viande et de préférence de la viande blanche, moins onéreuse que la viande rouge. »

…en attendant qu’un procès « sociétal » soit fait à toutes les viandes… Voyons la suite :
« Les ménages arbitrent aussi entre les circuits de distribution ou les rayons. En clair, ils affichent une nette préférence pour le hard discount et les marques de distributeurs. »

Et maintenant, les gros morceaux…
« Le deuxième exemple est un arbitrage plus radical, car il s’agit de couper ou de reporter les grosses dépenses. »

C’est pourtant ce qui aura illuminé le vingtième siècle, et surtout sa seconde moitié :
« L’automobile et l’équipement sont donc aux premières loges. »

Enfin, et voici un peu de la douce France qui fiche le camp…
« Le dernier exemple éclaire un autre choix : conserver l’essentiel, chasser le superflu. Les dépenses en restauration en sont une excellente illustration. La fréquentation des restaurants est en berne comme le montre le chiffre d’affaires en chute libre en volume des restaurateurs. »

Dans tout cela, il n’y aura bientôt plus qu’une question d’habitude… Sans quoi, l’Allemagne… Mais laissons Alexandre Mirlicourtois conclure son propos :
« On l’aura compris : avec la crise les ménages sont devenus sélectifs. Les arbitrages peuvent être très violents, ils le seront encore davantage en 2013. »

Et pourtant la France avait gagné en Libye en 2011 (Sarkozy), de même qu’elle s’apprêtait, en 2012, à gagner en Syrie (Hollande)… Que des victoires partout, et plus grand chose dans l’assiette !… On était pourtant si bien parti(e)s… pour briser celle des peuples un peu plus au Sud…

Michel J. Cuny

Document n° 44…
La crise financière de 2007-2008 et l’extraordinaire passing shot du champion Sarkozy


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