Sous le joug allemand, les solutions qui subsistent ne peuvent que frapper de plein fouet le travail

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 35)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

À la fin de la vidéo que nous sommes occupé(e)s à étudier, Alexandre Mirlicourtois propose une piste qui répond à la question qu’il pose lui-même :
« Alors, comment produire moins cher, avant d’être en mesure de reprendre le chemin de la montée en gamme ? »

La voici :
« Il faut d’urgence renforcer l’investissement, augmenter l’intensité capitalistique de nos entreprises pour faire des bonds de productivité. Mais pour cela, il nous faut absolument rétablir nos marges, parmi les plus basses en Europe. »

S’agit-il d’accentuer l’exploitation du travail ? Peut-être pas… directement…
« Dans l’urgence, pas d’autre solution qu’une baisse radicale et déterminée des charges sociales pour alléger le coût du travail. »

Mais indirectement, oui… En effet, si, de ce côté-là, le coup de massue donné au travail est indirect (il faudra s’adresser ailleurs pour répondre à l’essentiel des dépenses de retraite, de santé, etc.), le coup de fouet donné au capital est direct, et c’est bien Alexandre Mirlicourtois lui-même qui nous le dit :
« Il faut redresser la rentabilité de nos entreprises pour stimuler la prise de risque et l’innovation. »

D’où on peut tout de même déduire qu’il ne saurait être question, à travers une augmentation de la rentabilité du système de production (libéré desdites « charges sociales »), de laisser les propriétaires des outils de travail distraire de ceux-ci – à travers les profits supplémentaires qu’ils vont en tirer – des sommes qu’ils jetteront dans la grande spéculation à travers les paradis fiscaux et les débouchés juteux qu’ils sont capables de leur offrir…

Bien sûr, ceci, en l’absence d’un contrôle des changes qui n’est plus du tout d’actualité depuis des lustres, ne pourrait être qu’un vœu pieux. Désormais, les capitaux doivent pouvoir bouger, et de façon aussi anonyme et incontrôlée que possible… pour atteindre ce qui leur apparaît comme étant le plus appétissant.

Or, sur cette question d’appétit qui s’éveille ou pas, Alexandre Mirlicourtois a aussi sa petite idée :
« Mais le deal avec le patronat doit être très clair. Il doit résolument tirer parti de l’immense potentiel des technologies qui permettent d’automatiser les tâches répétitives. La France a un parc de robots et d’ordinateurs insuffisant, quantitativement et qualitativement. C’est la conséquence d’une décennie de sous-investissement. C’est sans doute là qu’il y a une carte à jouer pour surmonter nos handicaps. »

Nous le voyons, de ce côté-là, c’est encore le travail qui va déguster… en perdant sa place… et pour prix d’une hausse de productivité qui enrichira les propriétaires des capitaux les plus performants techniquement au détriment des autres… qui ne pourront faire face qu’en secouant très fort leur main-d’oeuvre mal outillée ou en la renvoyant à ses chères études… qu’elle n’a d’ailleurs jamais faites…

Encore cette main-d’oeuvre, soudainement disqualifiée, devra-t-elle s’estimer heureuse d’avoir pu bénéficier, s’il faut en croire la fin du propos d’Alexandre Mirlicourtois, d’une décennie d’un répit pas vraiment mérité…

Voici donc ce que nous vaut l’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal) et les défis qu’elle lance à une économie française rangée, elle aussi, elle surtout, sous la houlette européenne du « modèle allemand »…

Or, dès le lendemain 2 octobre 2012, une vidéo d’Olivier Passet nous ouvre une piste qui tend, elle, à nous libérer d’une part essentielle de la laisse si fermement tenue outre-Rhin… Publiée, elle aussi sur Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/), elle a pour titre : « Si l’inflation était la solution ! » Cette formule est désormais tellement sacrilège que nous ne la voyons pas surgir sans en éprouver immédiatement une sorte d’effroi…

Est-ce le résultat d’un hasard ?… La transcription de cette intervention est parsemée de points de suspension, comme si l’auteur en était à  ne plus pouvoir reprendre son souffle. En voici le début :
« Le déclenchement d’un niveau d’inflation raisonnable serait l’une des voies possibles pour faciliter le remboursement des dettes…. Dettes qui paralysent les économies occidentales. L’allègement de la dette par l’inflation est survenu à maintes reprises dans l’histoire… Sans doute plus souvent que le remboursement en l’état. Mais est-on en mesure de provoquer de l’inflation aujourd’hui ?… rien n’est moins sûr. »

Nous ne tarderons pas à savoir pourquoi…

Michel J. Cuny

Document n° 36…
Ne jamais perdre de vue que l’extrême violence des luttes de classe est inscrite au coeur même la monnaie


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.