Les chiffres qui poussent une partie de la France à dériver dans les rues du grand désespoir

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 31)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Après la dérive du commerce extérieur de la France, le recul de sa production industrielle et la stagnation de ses entreprises de taille intermédiaire (ETI), Alexandre Mirlicourtois abordait, dans sa vidéo du 28 juin 2012, le quatrième chiffre de la liste qu’il avait alors établie des impacts négatifs de l’évolution économique récente sur la situation de notre pays :
« 10%. C’est le taux de chômage. Le taux de chômage au sens du BIT a grimpé à 10% de la population active au 1er trimestre 2012. Et si la France résiste mieux que ses voisins du Sud, elle décroche par rapport aux pays du Nord. »

Soulignons-le… Un tel chiffre signe l’état de faiblesse des classes travailleuses par rapport aux classes exploiteuses et à leurs alliées. Arrivées à un tel niveau d’abaissement, les premières paraissent ne pas disposer des forces au moyen desquelles elles pourraient faire valoir leur exigence d’accéder à nouveau aux moyens de production, et de pouvoir garantir ainsi leur vie quotidienne dans des conditions décentes.

En sens inverse, cette absence d’intégration de ce dixième de la population active dans la sphère de la production de plus-value indique que la bourgeoisie française ne parvient plus à remplir de façon réellement satisfaisante son rôle sur le territoire national, de sorte que l’exploitation de l’être humain par l’être humain y éprouve un déficit significatif… Sans doute s’est-elle organisée pour faire valoir une partie importante de ses capitaux à l’étranger, et ceci à travers la grande bourgeoisie française et les multinationales qu’elle tient encore majoritairement ou qu’elle partage avec de grands investisseurs étrangers.

Or, la suite du propos d’Alexandre Mirlicourtois sur cette question du chômage va nous permettre de voir en quoi c’est l’avenir lui-même de notre pays qui est désormais frappé à travers une part déterminante de sa jeunesse :
« Surtout la fracture devient de plus en plus nette entre les 25-49 ans où le taux de chômage reste contenu à 9,4% et les 15-24 ans pour lesquels il s’envole à 23,3%. La question du chômage des jeunes est dramatique. »

Il illustre ce dernier caractère par le graphique que voici… et nous fournit un premier élément de réflexion :
« Il faut s’attaquer à la racine du mal, un marché du travail dual. Un système combinant protection de l’emploi pour  les insiders à l’abri – relatif – d’un CDI, et le choix entre précarité et chômage pour les outsiders. »

Où il apparaît que les classes travailleuses ont été soigneusement découpées… et sans doute jusqu’au plus profond des dynamiques individuelles… C’est aussi ce qui donne à la bourgeoise française les moyens de persister dans sa domination sans rien rencontrer qui puisse l’inquiéter quant à son incapacité de donner du travail à tous, et plus particulièrement aux plus jeunes…

Or, au-delà de ce beau monde du travail précaire et des sans-travail plus ou moins permanents – ensemble qui peut douter de son aptitude à conserver longtemps encore ses possibilités de ne pas finir à la rue -, il y a les travailleuses et les travailleurs plus ou moins installé(e)s qui font le pari d’échapper aux locations à fonds perdus et de rejoindre un jour les heureux propriétaires d’une habitation garantissant un abri pour leur famille et puis pour leurs vieux jours tout en devenant peut-être un objet de spéculation…

À sa façon, Alexandre Mirlicourtois les met en garde à travers son cinquième chiffre :
« 4,5 années. C’est le 5ème indicateur, celui du prix du logement. Pour acheter son logement, il faut aujourd’hui en moyenne consacrer 4,5 années de son revenu. C’était à peine 2,5 ans au début des années 2000. »

Cela ne condamne pas ces braves gens à se faire nonne ou moine…. Mais tout de même, leur dit notre analyste, ce sont là…
« Des dépenses de logement qui pèsent sur la qualité de vie car elles empiètent sur le budget transport, l’équipement du foyer, voire même l’alimentation et la santé. »

et peuvent vous jeter sur les ronds-points de la contestation jaune…

« Reste le dernier indicateur, nous dit Alexandre Mirlicourtois : celui de la contrainte budgétaire : -5,2%. C’est le déficit public rapporté au PIB. Un déficit qui alourdit l’endettement, le coût du service de la dette, et fait peser la menace d’une flambée des taux d’intérêt comme en Europe du sud. »

C’est la laisse allemande qui permet aux bourgeoisie et grande bourgeoisie françaises de maintenir le peuple là où il consent à demeurer pour peu que l’impérialisme français se porte plus ou moins bien et redistribue à l’intérieur quelques-unes des miettes qu’il distraira de ses profits désormais engrangés à une vitesse qui laisse sans voix autant la population elle-même que l’ensemble des prétendus responsables politiques…

Et nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenu(e)s, même par quelqu’un d’aussi mesuré qu’Alexandre Mirlicourtois :
« Pour soigner les plaies de l’hexagone, la tâche est immense. Cette fois ci, on ne pourra pas se contenter de soulager le malade par des potions magiques. »

Michel J. Cuny

Document n° 32…
De la diversité des rapports de classe selon que l’on est en France ou en Allemagne


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