La glissade retentissante de l’impérialisme économique français au sein même de la zone euro

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 30)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

La vidéo publiée le 28 juin 2012 par Alexandre Mirlicourtois sur le site de Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/)  énonce un bilan accablant pour la France. En six chiffres, nous découvrons la pente sur laquelle nous étions engagé(e)s cinq ans après la crise financière de 2007-2008 et un an après avoir anéanti la Libye de Muammar Gaddhafi :
« –70 milliards d’euros. C’est le 1er indicateur, le solde du commerce extérieur en 2011. Un chiffre qui est un déficit record. Un déficit intenable et principal responsable du déséquilibre de notre balance courante. Bien sûr, la facture pétrolière pèse lourd, mais ce n’est pas la cause du naufrage de notre solde externe. »

Comme quoi… Peut-être aurait-on eu mieux à faire que de briser la voie libyenne d’entrée en Afrique qu’était venu offrir à la France le guide de la Grande Jamahiriya…

Maintenant, après avoir rappelé que le solde du commerce extérieur représente la différence entre la valeur des exportations et celle des importations de biens et de services entre deux pays ou entre deux zones économiques, entrons dans quelques détails :
« En vérité, nous reculons face à la concurrence des pays émergents. Mais nous reculons surtout face à nos voisins européens. Nous cédons partout et massivement du terrain dans nos échanges industriels, y compris avec les pays du sud de la zone euro. »

Au cas où nous l’aurions oublié, ni l’Union européenne ni la zone euro ne sont l’affaire d’une quelconque fraternité… Elles ne sont pas non plus faites de gentilles réunions dominicales à l’occasion desquelles on se livre à quelques gentilles compétitions sportives, voire à des parties de belote en plein air, pour finir la soirée autour d’un pichet de bière allemande dans la brasserie voisine… où on remet ça.

Non. Ce sont, tout simplement, des systèmes de castagne grâce auxquels les peuples s’empoignent sans très bien se rendre compte de ce qu’ils font : sauf qu’il y en a qui pleurent en rentrant chez eux… tandis que les autres, ou s’amusent dans les galeries marchandes, ou investissent prudemment, assurés d’avoir derrière eux une puissance de production parfaitement fiable pour autant qu’elle est plus ou moins germanique…

Remontons un peu plus haut dans le temps, et consultons cette lettre que Riezler, le confident du chancelier allemand Bethmann-Hollweg, adresse au chef du service de presse du ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne impériale le 29 août 1914, c’est-à-dire dans les toutes premières semaines de ce qui s’appellerait bientôt la Première Guerre mondiale :
« Le but de la guerre est de nous garantir, à l’Est et à l’Ouest, pour une durée prévisible, par l’affaiblissement de nos adversaires. Mais cet affaiblissement ne sera pas forcément provoqué par des annexions. Celles-ci peuvent devenir pour nous des sources de faiblesse. L’affaiblissement de nos adversaires peut être économique et financier – par des traités de commerce, etc. » (Georges-Henri Soutou, L’or et le sang, Fayard 1989, page 21)

Mais il n’y a pas que l’Allemagne qui – grâce à l’Europe – soit désormais en situation de tailler des croupières à la France… C’est Alexandre Mirlicourtois qui nous le montre en nous fournissant un graphique qui rend compte des échanges commerciaux de celle-ci avec la zone euro dont il a, au préalable, retiré le pays d’Angela Merkel...


« Hors Allemagne, nous étions pourtant excédentaires avec le reste de la zone euro de 6 milliards d’euros environ au début des années 2000. Aujourd’hui, le déficit dépasse 20 milliards ! »

…rien que par rapport à ces tout petits pays que nous regardons de très haut, vu qu’autrefois, etc…

Deuxième nouvelle du front :
« -13%. C’est le recul de notre production industrielle depuis le début de la crise de 2008. »

Et cela frappe le coeur même du capitalisme industriel, c’est-à-dire la production des objets qui portent la plus-value extorquée, qui pérennisent la matérialisation du travail exploité, qui sanctionnent les hausses réelles de productivité, etc., mais aussi qui permettent aux services de se faire passer à bon compte pour ce qu’ils ne sont pas : des créateurs de richesses économiques initiales, c’est-à-dire de ce qui sous-tend le reste des activités économiques humaines en mode capitaliste de production…

Quand il en arrive à la moitié de sa liste – où nous allons marquer une courte pause -, Alexandre Mirlicourtois se prend un peu les pieds dans le tapis… de sorte que nous ne voyons pas tout de suite ce qui peut bien le déranger ici :
« Troisième indicateur : 4 576. C’est le nombre d’entreprises de taille intermédiaire en France, ces entreprises de 250 à 5 000 salariés pour un chiffre d’affaires allant de 50 millions à 1,5 milliard d’euros. »

Certes, ensuite, il ajoute ceci :
« Trop peu de PME grossissent assez jusqu’à devenir des ETI. Et quand elles passent ce cap, rares sont celles qui vont rejoindre la catégorie des grands groupes. Non, le plus souvent, c’est le retour à la case PME ou le rachat par un groupe, souvent étranger. »

Taille, nationalité… Comment ne pas étendre cette problématique un peu plus loin ?… C’est-à-dire jusqu’au déterminisme par lequel passe toute participation à l’impérialisme sous domination anglo-saxonne ?..

Michel J. Cuny

Document n° 31…
Les chiffres qui poussent une partie de la France à dériver dans les rues du grand désespoir


Une réflexion sur “La glissade retentissante de l’impérialisme économique français au sein même de la zone euro

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