D’Adolf Hitler à un capitalisme rhénan de très bon aloi : le ralliement de l’élite ouvrière allemande est désormais criant…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 25)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Avant de saisir une bonne occasion de rétablir le travail de production comme seul créateur de la valeur économique (Smith, Ricardo, Marx), nous allons nous en tenir à la doctrine, utilisée par Alexandre Mirlicourtois, de la « valeur ajoutée »… Elle évite de reprendre la problématique de l’exploitation de l’être humain par l’être humain, et convient parfaitement à tout ce qui croit appartenir aux classes moyennes…

Ainsi, selon lui, voilà ce qu’aura été l’attitude de l’Allemagne réunifiée par rapport aux PECO libérés de la tutelle de la si terrible URSS…
« Une stratégie de désintégration de la chaîne de valeur d’autant plus importante que les salaires sont faibles à l’Est, et que l’euro est fort face aux monnaies locales. »

Dans cette conception, la « valeur ajoutée  » par le travail étant réputée dépendante du coût de celui-ci, on constate qu’un même travail aboutissant à un même résultat ne correspond pas à une production identique de cette prétendue « valeur ajoutée »… C’est, bien sûr, ce que pense celui (le capital) qui mène toute l’affaire de la production… Dans les PECO, la « valeur ajoutée » par le travail lui coûte moins cher…

Et cependant la production de richesse (dans le cadre social généralisé) est la même, le travail étant réellement identique… Quant au produit final, prenant sa dernière touche en Allemagne, il reçoit une identité qui ne correspond plus à la réalité de ce qu’il est…
« Des modules qui sont alors contrôlés et assemblés sur le territoire allemand et estampillés « made in Germany ». »

Cette astuce n’est-elle qu’un processus accessoire dans l’ensemble de la production industrielle allemande contemporaine. Pas du tout, selon Alexandre Mirlicourtois, qui nous fournit également une petite illustration :
« D’ailleurs l’analyse des échanges extérieurs des pays situés à la frontière Est de l’Allemagne parle d’elle-même. Pologne, République tchèque, Hongrie et Roumanie, à chaque fois l’Allemagne est le premier fournisseur mais aussi le premier client. »

Cependant, ne serait-ce que pour conserver la haute main sur l’intégration d’activités de production sises à l’étranger, et dans des pays où la main-d’oeuvre est réputée avoir reçu elle aussi une formation de grande qualité, l’Allemagne doit faire preuve de vertus intrinsèques dans le champ de la production industrielle, et à travers l’élite de sa classe ouvrière… Ce qui se sera démontré à l’époque d’Adolf Hitler lui-même à travers les technologies sous-jacentes à des exploits militaires… qui n’ont débouché sur un échec final que parce que l’Union soviétique a mis tout son coeur à y remédier.

Dès la Libération, les ouvriers allemands ont su qu’à condition, pour eux, de ne surtout pas tourner le moindre regard de sympathie vers l’Union soviétique, le nouveau régime allemand saurait leur faire une place dans les conseils d’administration de ses entreprises privées les plus importantes… En tout cas, il semble que le constat fait par Josef Goebbels à la date du 28 janvier 1943 ait eu une postérité :
« L’évolution militaire de l’Union soviétique est suivie avec une certaine admiration, surtout par les ouvriers anciennement communistes. Nous devons prendre garde à ce que les bacilles communistes, neutralisés jusqu’à maintenant, ne redeviennent virulents. » (Journal 1943-1945, page 51)

L’Histoire a donc suivi son cours, et Alexandre Mirlicourtois ne peut que faire indirectement le constat d’un ralliement ouvrier certain à la cause du capitalisme rhénan à travers la réalisation d’un travail de grande qualité :
« Les industriels d’outre-Rhin trônent depuis longtemps sur le haut de gamme. »

Au lieu, donc, d’apporter le feu et le sang au monde, l’Allemagne s’est dès lors fixé comme tâche de rester au plus haut niveau mondial de l’économie industrielle – et tout spécialement à travers la machine-outil…, tandis que le plan Marshall aidait délibérément la France à s’enfoncer sur ce même terrain… 

En termes marxistes, c’est le temps de travail incorporé qui détermine la valeur économique d’un produit. Plus intelligemment et plus assidûment ce travail se trouvera-t-il mis en oeuvre, et plus les qualités réelles de l’objet produit seront vérifiables à l’occasion des usages auxquels il saura répondre… Globalement, l’instrument d’échange qui interviendra de façon à faire circuler des productions de ce type en sera d’autant plus solide. C’est ce que l’on appelle une monnaie forte… La boucle peut alors se refermer, et c’est ce que nous dit Alexandre Mirlicourtois qui n’est certes pas responsable de l’analyse que je viens tout juste de fournir :
« C’est un héritage du deutschemark fort qui a poussé les entreprises allemandes non seulement à être très compétitives mais aussi à se positionner dans une compétition hors coûts. Souvent en situation de monopole sur leurs marchés, les sociétés allemandes sont ce que l’on appelle price maker. Ce qui signifie que leur capacité à exporter ne souffre pas ou peu d’un euro fort. »

Insistons-y : le seul « faiseur de prix », c’est le travail.

Dans ce contexte de soumission politique et économique – dont Adolf Hitler a toujours, en son temps, souligné le mérite extrême – de la classe ouvrière allemande à la doctrine de l’Etat fédéral allemand, le capital ne peut évidemment pas être malheureux – bien au contraire. Ce qui nous donne cette formulation dans le langage d’Alexandre Mirlicourtois :
« Baisse des coûts par l’économie de bazar et la déflation salariale en interne, positionnement haut de gamme et concurrence hors prix pour les exports, c’est bon pour les marges des entreprises. »

Et c’est encore la frugalité de la classe ouvrière allemande et de la population allemande en général qui répondent de la masse que l’on voit se manifester ici…, accompagnée de ce commentaire :
« Une tactique payante qui a également permis à l’Allemagne d’engranger des excédents commerciaux sans discontinuer. 1 650 milliards d’euros : c’est la montagne d’excédents cumulés en 10 ans. C’est plus que le PIB italien ! »

Mais ce n’est sans doute qu’un début…

Michel J. Cuny

Document n° 26…
Face à l’Allemagne victorieuse, la France s’apprête à jouer en deuxième division


Une réflexion sur “D’Adolf Hitler à un capitalisme rhénan de très bon aloi : le ralliement de l’élite ouvrière allemande est désormais criant…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.