Les lignes de défense de la France seraient-elles enfoncées ?…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 22)
[Pour revenir au document n° 1, cliquer ici]

Rappelons qu’avec Alexandre Mirlicourtois nous sommes à la date du 15 mai 2012, et qu’il nous explique en quoi consiste le « modèle allemand » de développement de l’économie au sein de l’Europe telle qu’elle était à ce moment-là.

Ce que l’Allemagne avait perdu à la suite de la Seconde Guerre mondiale lui a, en quelque sorte, été rendu à la suite de l’implosion de l’Union soviétique en 1991 : une influence prépondérante sur l’Europe centrale et orientale… En termes économiques, voilà comment cela se sera traduit dans les années récentes. C’est Alexandre Mirlicourtois qui nous le dit :
« Les produits allemands ont été d’autant plus compétitifs que la charge fiscale des entreprises a été allégée et que l’Allemagne a profité de sa proximité avec les pays de l’Est. »

De façon plus précise, celle-ci a réussi à mettre en oeuvre…
« Un business model qui consiste à délocaliser une partie de la chaîne de valeur, pour ensuite importer des modules aux coûts réduits, contrôlés et assemblés sur le territoire allemand et estampillés « made in Germany ». »

Ainsi, non seulement l’Allemagne se sera réunifiée, mais elle aura bénéficié immédiatement d’une extension très significative de sa zone d’exploitation du travail… d’un travail lui-même aussitôt prêt à l’emploi sans qu’il fût nécessaire de songer à le former… ni de garantir sa diligence : il y allait d’abord, pour lui, d’une certaine forme de survie après l’effondrement de toutes les garanties que lui avait offert un régime plus ou moins socialisé et dont il faut souligner qu’il dépendait d’une grande mansuétude de Moscou puisque, ainsi qu’a pu s’en étonner Henry Kissinger, qui n’était bien sûr pas spécialement favorable à l’Union soviétique :
« N’est-il pas paradoxal que le niveau de vie d’un pays riche en ressources et qui prône le déterminisme économique soit encore plus bas que celui de ses satellites est-européens, plus de soixante ans après l’avènement du communisme ? » ( À la Maison Blanche 1968-1973, Fayard, 1979, pages 124-125)

Avec l’Allemagne, il s’agit manifestement d’une tout autre musique ! Revenons donc à elle à travers ce que nous en dit Alexandre Mirlicourtois :
« En se lançant dans une concurrence fiscale et sociale et en jouant sur son avantage naturel de proximité avec les pays de l’Est elle a pu inonder le marché européen de produits hyper-compétitifs pour obtenir des excédents commerciaux massifs. »

D’où cette première conclusion :
« C’est un fait incontestable : l’accroissement de la production et de l’emploi en Allemagne s’est fait au détriment de ses partenaires. »

Et cela ne pouvait que frapper d’une façon privilégiée à l’intérieur du très fameux couple franco-allemand…

« La France 1er client de l’Allemagne et 3ème fournisseur avait le plus à perdre dans cette stratégie. Et c’est un fait, c’est le pays qui a le plus perdu. Massivement comme le montre l’évolution de notre commerce extérieur : le déficit avec l’Allemagne n’a cessé de s’élargir. En 2011, il a quasiment atteint 17 milliards d’euros. »

Prenons la mesure de la chute, et évaluons les conséquences plus générales qu’elle menace d’avoir :
« C’est le quart de notre déficit. En 10 ans il aura été multiplié par 2,5. Avec un tel « palmarès » il est évident que nos points faibles le sont encore plus. Il est tout aussi évident que nos places fortes ont été enfoncées. »

Alexandre Mirlicourtois n’exagérerait-il pas un peu en utilisant ce langage guerrier ?… C’est que derrière ces « places fortes », il y a tout un pays… Un pays qui a tout simplement besoin de vivre… et dont on voit, d’année en année, le tissu social se déliter de telle sorte que c’est dans la rue, maintenant, que se fait la politique de la misère…

Effondrement de certaines de nos lignes de défense ?…

« C’est le cas des industries agro-alimentaires. Notre solde a fondu passant de plus d’un milliard d’euros à à peine plus de 200 millions d’euros. Et encore ce chiffre est flatteur. Sans les boissons où nous disposons d’un avantage naturel dans les vins et champagnes, nous serions dans le rouge. »

Encore nous reste-t-il ici 227 millions d’euros d’excédent, mais…
« Dans l’industrie pharmaceutique par exemple, place forte de l’industrie française, notre excédent commercial avec l’Allemagne de 500 millions d’euros environ au début des années 2000 a été balayé et s’est transformé en un déficit qui se rapproche désormais des 2 milliards d’euros. »

Reprenons notre souffle, et attendons la suite en frissonnant tout de même quelque peu…

Michel J. Cuny

Document n° 23…
Quand les sans-domicile-fixe sont la preuve vivante qu’en France l’immobilier est très solide


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