Les rapports capital-travail dans la France de Sarkozy…

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 2)

Nous allons maintenant pouvoir entamer notre travail de relecture de ce qu’ont pu être les actualités économiques à compter du moment où, au tout début de 2011, un hasard heureux m’a permis de prendre connaissance de l’existence des vidéos réalisées sur le site de Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/) par Olivier Passet et Alexandre Mirlicourtois.

Tournons-nous tout d’abord vers celle que celui-ci a publiée le 10 février 2011 sous le titre : Conjoncture France et internationale. Elle commence de façon particulièrement tonitruante :
« C’est un début d’année en fanfare pour l’industrie française. »

Cette appréciation vaut pour l’état d’esprit des entrepreneurs…
« Toutefois la réalité de l’industrie est encore très éloignée de cette euphorie. »

À y regarder de plus près, il semble bien que l’euphorie en question n’apparaisse elle-même que comme un phénomène de compensation :
« Il y a d’abord un effet rattrapage indéniable. La stabilisation puis le regain d’activité ont été vécus comme une délivrance après une récession sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. »

Il y a certes un énorme décalage entre la situation économique de ces temps anciens et la secousse financière de 2008, et pourtant…
« Ensuite, la crise a fait des dégâts et elle a miné toute une partie du tissu industriel. Autrement dit, les entreprises survivantes ont pris les marchés de celles qui ont disparu. »

Quittons maintenant les entrepreneurs, dont le moral se rétablit et parfois jusqu’à une certaine euphorie… prospective…, et passons du côté de la main-d’oeuvre :
« Ainsi, après s’être stabilisé, le nombre de sans emplois est de nouveau en hausse et s’établit désormais à 2,725 millions personnes en France métropolitaine. Cela représente environ 9,3 % de la population active. Les conséquences sont nombreuses. Le rapport de force tourne totalement en faveur des employeurs et les salaires progressent au ralenti, alors même que l’inflation s’accélère. »

Passant à la situation européenne, Alexandre Mirlicourtois nous gratifie alors d’un petit graphique qu’il commente de la façon suivante :
« Entre le 10 et le 31 janvier, la monnaie unique s’est appréciée de près de 6 % […]. »

Quelle conséquence pour nos amis d’Outre-Rhin ?
« À court terme, ce n’est pas un problème pour les industriels allemands : positionnés sur le haut de gamme, ils disposent d’une compétitivité hors coût inégalée. »

Et chez eux, il paraît que l’enthousiasme n’est pas que potentiel…
« D’ailleurs, chefs d’entreprise et consommateurs baignent dans une douce euphorie de l’autre côté du Rhin. »

Tandis que, pour d’autres pays de la zone euro, l’avenir immédiat est déjà teinté d’une certaine angoisse :
« Pour les autres compétiteurs eurolandais, dont les Français, cela va en revanche devenir très vite handicapant. »

Faisons alors un petit tour par l’actualité internationale du moment…

Cinq jours après la publication de cette vidéo – c’est-à-dire le 15 février 2011 -, les opposants ont commencé, en Libye, à se dresser par l’émeute contre Muammar Gaddhafi. Le 5 mars, le Conseil national institué dès le 27 février par les leaders de l’insurrection se déclare comme étant désormais « le seul représentant de la Libye ». Or, dès le 10 mars suivant, le gouvernement français le reconnaît à ce titre et sous la dénomination de Conseil national de transition (CNT).

Faible devant l’euro, conquérante en Afrique du Nord… est-ce ainsi que se définirait la France de cette fin d’hiver 2010-2011 ?

Retournons-y, et voyons le contenu de la vidéo qu’Alexandre Mirlicourtois publie ce même 10 mars 2011… et qu’agrémente en particulier un graphique qu’il commente comme suit :
« Pour les entreprises la confiance est de retour. Symptôme le plus significatif, les trésoreries sont redevenues confortables, très confortables. »


Et comme nous ne voyons d’abord que les grands groupes, Alexandre Mirlicourtois ajoute bientôt cette petite mise en garde :

« Mais, ce mouvement ne se limite pas aux grands groupes du CAC 40. Il est en fait beaucoup plus vaste. De la construction, ou de la distribution en passant par les services, c’est une vraie lame de fond. »
…et qui est assez leste, puisque…
« Ce qui est le plus surprenant, c’est la vitesse à laquelle l’état de santé des entreprises s’est amélioré. »

Mais notre guide ne nous laisse pas hésiter longtemps :
« La mise en action de stratégies défensives a de fait parfaitement fonctionné. La flexibilisation obtenue à grands renforts de CDD, de variabilisation des rémunérations, de sous-traitance depuis 15 ans a donné aux chefs d’entreprise les outils indispensables pour ajuster très rapidement leurs structure de coûts, beaucoup plus rapidement qu’en 1993, lors de la dernière grande crise. »

On voit, en effet, l’énorme progrès dans les rapports de classe… et le fort avantage dont le capital a fini par se doter… Effet euro ? Effet allemand ? La suite des propos d’Alexandre Mirlicourtois devrait certainement nous permettre d’y voir plus clair.

Michel J. Cuny

Document n° 3…
Le capital dans les secousses de l’économie : quand les heureux dévorent les faillis


Une réflexion sur “Les rapports capital-travail dans la France de Sarkozy…

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