Les étranges contradictions du témoignage du sioniste militant Margolin

Voici donc Margolin dans la case départ du parcours qu’il s’attendait à faire depuis un certain temps et qui menaçait de le conduire dans un camp d’internement soviétique, ainsi que n’avaient cessé de le lui dire certains de ses coreligionnaires, eux-mêmes très surpris d’une pareille attitude, et tout spécialement dans les conditions historiques du printemps de 1940. Il est là avec les irréductibles et ceux qui les ont rejoints à partir de l’étranger tout proche. Et il fait mine de s’étonner :
« Que faisaient les soixante-quinze hommes dans la fosse profonde de la prison de Pinsk ? Nous n’étions pas abattus. » (page 136)

Prenons tout d’abord sa version de ce qui se sera alors passé :
« La méthode de l’intimidation et des menaces fut appliquée aux jeunes Juifs qui comprenaient mal le russe. La plupart d’entre eux avaient passé illégalement la frontière du côté polonais pour échapper à la Gestapo. Sans faire de façons, on leur disait :
– Tu es un espion allemand… ta mère !
– Mais je n’ai jamais été en Allemagne, « citoyen-camarade ». Je ne connais pas du tout les Allemands !
– Et où t’as été ?
– En Roumanie.
– Alors, c’est parfait. On t’inscrira comme espion roumain. » (pages 136-137)

Nous ne sommes pas sûr(e)s de tout comprendre… Ce franchissement de frontière n’était-il illégal que du côté de la Pologne allemande ? Ou bien s’était-il agi de pénétrer illégalement dans ce qui était désormais l’Union soviétique ? Dans ce dernier cas, comment ne pas croire qu’il pouvait s’agir effectivement d’un espion allemand… ou d’un espion au service de l’Allemagne nazie ? Par ailleurs, qu’était-ce donc que cette Roumanie qui avait immédiatement interné, en septembre 1939 et sur injonction de Berlin, le gouvernement polonais en exil, après avoir soutenu le mois précédent la Pologne du colonel Beck dans sa volonté farouche de ne rien faire pour permettre aux Soviétiques, en traversant les deux territoires de Pologne et de Roumanie, de venir au contact de l’Allemagne et de concrétiser ainsi le lien entre la France, la Grande-Bretagne et l’U.R.S.S. ?

Voyons la suite des explications de Margolin :
« Il y avait des gars qui s’accusaient immédiatement de toutes sortes d’espionnage et demandaient s’il ne fallait pas encore avouer quelque chose. » (page 137)

Est-ce crédible ?
« Ils finissaient toujours par signer. » (page 137)

Pourquoi « toujours » ? N’est-ce pas qu’ils n’avaient en réalité rien à opposer aux accusations qui pesaient sur eux. Comment lui-même avait-il procédé ? Nous l’avons vu : il avait tenu tête autant que possible… À ce propos, revenons sur ce qui s’était produit durant les toutes dernières minutes de son interrogatoire :
« La tête me tournait. Tout cela me semblait un cauchemar dont je ne pouvais me réveiller. L’interrogatoire durait déjà depuis quatre heures. » (page 126)

Quatre heures… et ceci, tout particulièrement parce que Margolin se battait pied à pied sur chacun des mots qui allaient figurer dans le document qu’il signerait. Ainsi l’avions-nous vu refuser d’endosser la formule « départ pour l’étranger » où ce qui était étranger à l’Union soviétique ne le lui était pas, tout au contraire.

Pour finir, rappelons le texte au bas duquel il avait fini par accepter d’apposer sa signature :
« Je reconnais être un fugitif, n’avoir pas d’autres papiers que ceux qui m’ont été confisqués lors de mon arrestation, vouloir aller hors des frontières de l’URSS, mais je ne me reconnais aucune culpabilité, car, dans les faits ci-dessus mentionnés, je ne vois aucun crime. » (page 126)

L’avait-on forcé à signer quoi que ce fût d’autre ?… La formule « départ pour l’étranger » n’avait-elle pas finalement disparu ?

Pourquoi affirmer que ce que ces camarades avaient accepté de signer ne correspondait pas à ce à quoi ils avaient réellement acquiescé et sans qu’il fût nécessaire de les torturer – d’une façon ou d’une autre – pour aboutir à ce résultat ?

De la même façon, que peut vouloir dire cette étrange formule ?
« Tous mes codétenus étaient célibataires. Qu’avait-on fait des familles ? » (page 137)

S’ils sont célibataires… à quoi peut-on s’attendre du côté de leur famille ? À l’inverse, Margolin peut bien être marié et même père de famille… Faudrait-il prétendre que, s’il est seul dans cette galère, c’est que les Soviétiques ont liquidé sa femme et l’enfant qu’il a eu d’elle ?

Sans doute, puisque cela serait très bon pour aider à faire triompher le sionisme pro-nazi…

Michel J. Cuny


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