Vœu sioniste de 1940 : tout (la Pologne allemande) plutôt que d’être Soviétique !

Sous l’autorité d’un sioniste qui l’avait tout d’abord connu à travers des écrits qui ne pouvaient rien lui laisser ignorer de sa personnalité politique réelle, le sioniste militant Julius Margolin est donc occupé à mener sa petite équipe sur le chemin d’un sabotage en grand des fonds de la bibliothèque de Pinsk, selon lui l’une « des plus précieuses de la Biélorussie occidentale ».

Destruction de documents, captation de livres rares et très anciens… et puis autre chose encore. C’est Margolin qui se fait un plaisir d’en être l’écho :
« Tous les deux ou trois jours venait le chef de l’OBLLIT de la région de Pinsk – chargé également de la censure – un Letton blondasse qui s’intéressait à la littérature antisoviétique. » (pages 81-82)

Et c’est là où les choses commencent véritablement à se corser, de sorte qu’il va bientôt être carrément possible d’en jouir avec tout ce que ce verbe recèle d’accointances avec la perversion…
« À son intention, nous jetions dans une grande caisse tout ce qui pouvait lui être utile : la littérature antisémite, représentée avec une richesse exceptionnelle, la documentation sur les persécutions du clergé catholique en URSS, et des pamphlets antisoviétiques sur lesquels le chef de l’OBLLIT se jetait comme un collégien sur des images pornographiques. » (page 82)

Tout ce qui peut exalter l’anti-judéo-bolchevisme nazi est donc soigneusement mis de côté pour pouvoir être utilisé dans des jours meilleurs, c’est-à-dire lorsqu’il sera possible de combattre l’U.R.S.S. à visage découvert !… et au titre de la notion criminelle la plus bestiale qu’ait pu enfanter le cerveau d’Alfred Rosenberg – le judéo-bolchevisme – en y joignant les outils adéquats d’une discrimination tout autant hasardeuse qu’immédiatement opérative. Observons-la à travers le chef letton de l’OBLLIT de la région biélorusse de Pinsk :
« L’air étonné et attristé, il feuilletait des brochures (probablement traduites de l’allemand) dans lesquelles les chefs de l’URSS étaient représentés avec des nez et des traits juifs, accompagnés de légendes dans le style de Streicher et de Goebbels. Il n’avait jamais rien vu de pareil, il rougissait, il se détournait et, comme un voleur, il cachait quelques livres dans sa serviette. » (page 82)

Voilà donc le sioniste militant Julius Margolin qui se met au service de la propagande nazi contre ses propres coreligionnaires auxquels il reproche sans doute de n’avoir pas encore émigré en Palestine… Autant donc qu’ils servent effectivement à quelque chose qui fût au moins bon pour Sion !

C’est ce que paraissent annoncer ces deux autres phrases qui figurent également dans la même page 82 :
« Les mois passaient, les Allemands se préparaient à envahir la Norvège, l’URSS les aidait de son mieux. Aux abattoirs municipaux de Minsk, trois cents Juifs préparaient des conserves de viande pour les Allemands. » (page 82)

Traduction : les Soviétiques vendent des conserves de viande aux Allemands qui les utiliseront en Norvège. Or, les Juifs, en travaillant pour les Soviétiques ont commis une faute grave… Ils se sont comportés comme de véritables « judéo-bolcheviques »… en oubliant que ce crime-là n’avait pas échappé à tout le monde… Suite logique…
« Les colons allemands quittèrent la Volynie, en menaçant de revenir bientôt égorger tous les Juifs. » (page 82)

Et constat de Margolin qui aura tout fait pour que, le moment venu, la bonne propagande puisse se faire pour accompagner les crimes ambiants :
« Ils ont tenu cette promesse ! » (page 82)

Joli travail , n’est-ce pas ?…

Et tout à coup, son vieux complice, dont il nous avait dit qu’il devait repartir dans la zone polonaise occupée par les nazis, refait surface à partir de la Pologne sous contrôle soviétique qu’il n’a pas encore quittée alors que l’année 1940 est déjà un peu entamée :
« À la fin de février arriva un télégramme de Meczyslaw Braun me demandant de venir à Lwow pour une affaire importante. » (page 89)

Il paraît que ce sioniste n’avait pas encore trouvé le bon filon de la lutte souterraine contre les bolcheviks… Pire : il avait dû se mettre à la tâche pour leur compte :
« La Section polonaise de l’Union des écrivains de Lwow travaillait alors à la traduction collective du poème de Maïakovski, Lénine. » (page 89)

On juge de son désarroi extrême :
« L’obligation de mentir sans cesse, de feindre et de cacher ses pensées était doublement pénible pour Braun, poète et écrivain. » (page 89)

Il se confie à son ami Julius :
« Je ne veux pas traduire Maïakovski, mais je suis obligé de le faire. Je ne veux pas applaudir, mais je le dois. Je ne veux pas que Lwow soit soviétique, mais, cent fois par jour, j’affirme le contraire. » (page 90)

Plutôt que d’affirmer qu’il veut que Lwow soit soviétique…, sans doute ne serait-il tout de même pas disposé à réclamer que Lwow devînt nazi !… Mais si, mais si… Et il le confie à Margolin qui n’en demandait sans doute pas tant, mais qui est bien content de nous le faire savoir dans les mots du Braun en question :
« Je préfère le ghetto allemand à un emploi soviétique. » (page 90)

Et Braun de se présenter en défenseur et en porte-parole d’une cause nazie dont il est désormais une sorte d’expert :
« Je connais les deux faces. Chez les Allemands, on est menacé de mort physique ; ici, c’est la mort de l’âme ! Avec les Allemands, il ne faudra pas mentir et cacher ses pensées. Chez les Allemands, il y a plus de Juifs qu’ici ! Ma place est parmi eux !… » (page 90)

À sa suite, Julius Margolin ne peut lui-même qu’en convenir :
« Les ghettos polonais en zone allemande connaissaient alors une période d’accalmie. Il semblait que la vie juive se stabiliserait à ce stade. Les fugitifs en zone soviétique recevaient, du Gouvernement Général, des lettres de leurs femmes ou de parents qu’ils avaient quittés, les priant de revenir et leur donnant l’assurance qu’on pouvait vivre et travailler. » (page 90)

Les deux compères sionistes sont donc bien d’accord :
« Les conditions de vie soviétiques étaient telles que les gens consentaient à retrouver le joug allemand et à porter le brassard jaune, pourvu qu’ils pussent revoir les leurs et partager leurs souffrances. » (pages 90-91)

C’est donc avec un certain enthousiasme que Braun va pouvoir se jeter dans la gueule du loup, mais celui-là en était vraiment un !…

Michel J. Cuny


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