Rien qu’un hymne à l’Union soviétique et à Joseph Staline

En face de ce que l’on peut quelquefois lire à propos d’un partage de la Pologne qui – en application de l’abominable pacte germano-soviétique – se serait effectué entre deux montres assoiffés de conquête et de sang, Julius Margolin, qui était sur les lieux et qui venait de traverser la Pologne de part en part, écrit :
« En septembre 1939, la moitié de la Pologne fut occupée par l’armée Rouge. Les troupes polonaises n’opposèrent pas de résistance, ne pouvant ni ne voulant lutter. » (page 39)

Rejoignant ce qui est désormais retenu par les historiens, il ajoute un bilan qui ne semble pas devoir étonner qui que ce soit, compte tenu des superficies concernées, de la dimension des différents mouvements de troupes et de l’ambiguïté fondamentale de la situation du moment :
« Des altercations firent quelques centaines de morts et deux mille blessés. » (page 39)

Ensuite, il persiste dans un propos que nous lui connaissons déjà, et qui confirme la bonne impression que les Soviétiques ont pu faire sur l’ensemble de la population :
« Non seulement les Juifs, mais même les Polonais, les Ukrainiens, les Biélorusses ouvrirent leur cœur à l’URSS. » (page 39)

Sa formulation, l’ordre dans lequel il range les différentes nationalités ou obédiences ne font que souligner l’extrême réconfort que ses coreligionnaires ont trouvé auprès des nouveaux arrivants… Peut-être, avant les intérêts de Sion, étaient-ils portés à garder le souci de leur survie alors que le monstre nazi était annoncé à l’autre extrémité du pays… et sous la forme d’une vague déferlante.

De toute façon, au point où nous en sommes de notre lecture, nous ne pouvons pas redouter un instant que Margolin ait pu avoir beaucoup de sympathie pour ceux qui s’affirmaient déjà comme les bourreaux des Juifs…

Impossible donc de ne pas le ranger, lui aussi, derrière ce paragraphe que personne ne l’a obligé à écrire :
« L’entrée des armées soviétiques était considérée par tous, non comme un partage cynique et prémédité de la Pologne, mais comme une barrière dressée par surprise sur la route des hitlériens : « Jusqu’ici, et pas plus loin. » Les divisions allemandes battaient en retraite devant l’armée Rouge : cette nouvelle était sur toutes les lèvres. » (page 39)

En effet, il était arrivé aux Allemands d’aller un peu plus loin que ne l’y autorisaient les termes mêmes du pacte, c’est-à-dire tout spécialement la partie qui en était secrète et qu’aujourd’hui on accuse d’avoir permis les pires crimes… Et Katyn, qu’est-ce donc ? Sinon la marque apposée tout spécialement par les nazis sur un territoire appartenant à la zone d’influence soviétique, et qu’il leur faudrait rendre par la suite en y laissant des « preuves » tout ce qu’il y a de plus « réelles »…

En effet, comment situer ce crime « soviétique » qui aurait alors dû être commis dans le contexte que nous décrit Julius Margolin qui préfère croire, lui, que la bonté de l’U.R.S.S. était autant une mesure d’affichage qu’une réalité qui pouvait être perçue dans le concret de la vie quotidienne elle-même ?

S’ils tenaient tant à leur réputation, pourquoi les Soviétiques y auraient-ils apporté un démenti aussi cinglant ?

Et voici que Margolin ajoute encore tout une série d’éléments qui confortent l’impression d’un enthousiasme populaire sans limite qui vise l’arrivée des armées de Staline en Pologne :
« On jubilait dans la Varsovie occupée en apprenant que les troupes soviétiques approchaient de la Vistule : enfin sauvés. Jamais dans l’histoire des peuples, jamais dans l’histoire de ces territoires, il n’y eut moment plus propice pour mettre un terme à toutes les vieilles querelles, pour liquider les comptes séculaires, pour s’attacher les Polonais, et les non-Polonais, par leur reconnaissance et leur gratitude enthousiaste, et commencer une ère nouvelle. » (pages 39-40)

Et il y aurait eu des milliers d’assassinats commis par ces mêmes Soviétiques à Katyn !… alors que…
« Des milliers de gens désespérés fuyaient l’invasion allemande. La barbarie nazie et l’effondrement du pays ne laissaient qu’une seule issue : l’Est. Les Polonais se réfugiaient chez leur fraternel voisin slave. Les Juifs, sous la protection de la grande République de la Liberté. Les socialistes, dans le pays de la Révolution. » (page 40)

Mais, bien sûr ! Il était alors assez clair qu’Adolf Hitler visait les judéo-bolcheviks !… Même si cela n’était apparemment plus à l’ordre du jour, qui donc aurait pu l’ignorer ?

Ainsi, revenu sur les lieux de son enfance, notre témoin ne pouvait que le constater de ses propres yeux :
« La jeunesse juive manifestait dans les rues de Pinsk, ma ville natale, avec les portraits de Staline et de… Pouchkine. » (page 40)

Rude concurrence, sans doute, pour sa chère Palestine ! Mais il paraît qu’en ce temps-là, certains faits étaient têtus…
« Lwow n’avait pas oublié la première occupation russe de 1914. Alors, l’armée tsariste avait apporté des convois de farine. Cette fois, on n’apporta pas de farine, mais sur la place Mariacki, au pied du monument à Mickiewicz, des fleurs fraîches furent déposées, et il y eut des émissions juives à la radio. » (page 41)

Était-ce donc une première dans ce pays-là ?

Or, tout à coup, un voile va se déchirer. Il n’y avait eu dans toute la Pologne qu’un gros mensonge. Bas les masques ! Julius Margolin ne peut plus que prendre le mors aux dents : tout ce cinéma sans doute monté par Staline se trouvera balayé comme une pauvre réédition des villages Potemkine de l’impératrice Catherine II de Russie

Michel J. Cuny


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