Une peste brune sioniste ?

Évoquant celui (photographie jointe) dont Ben-Zion Nétanyahou, le père de Benyamin, était devenu le secrétaire particulier, Georges Ayache écrit :
« Jabotinsky affectionnait certaines méthodes autoritaires propres à l’Allemagne ou à l’Italie. Par dérision, Mussolini parla de lui comme du « fasciste juif ». » (pages 279-280)

« Dérision »… C’est Georges Ayache qui croit pouvoir l’affirmer… Mais, à quelle partie de cette étiquette faut-il accrocher la qualification de n’être que « dérisoire » utilisée par le Duce ?

Pour sa part, nous dit tout de même Georges Ayache
« En sa qualité de leader de l’aile socialiste du sionisme, Ben Gourion dénonça vigoureusement le « fascisme juif » et son chef Jabotinsky, qu’il n’appela plus que « il Duce » ou « Vladimir Hitler »  . » (page 282)

Mais il n’y avait pas que Ben Gourion, et nous pouvons comprendre pourquoi en découvrant ceci sous la plume du même auteur :
« Les sionistes de gauche traitaient les révisionnistes de fascistes et de « cliques d’assassins ». Pendant ce temps, les « chemises brunes » du Betar défilaient dans les rues de Tel-Aviv et de Jérusalem, déchirant les drapeaux rouges du mouvement de jeunesse des pionniers et rossant à l’occasion les membres du Mapaï. » (page 289)

…qui était la branche socialiste du sionisme.

Voilà donc l’homme et l’organisation auxquels Julius Margolin n’hésita pas à se rallier dès 1929.

Quant à sa première venue en Palestine (1936), et à l’installation de sa femme et de son fils sur cette terre promise, elle correspond à un temps fort de l’immigration. Suivant les informations que nous fournit Georges Ayache :
« Après le creux du début des années trente, l’immigration juive en Palestine connaissait depuis 1933 une période de hautes eaux : trente-cinq mille immigrants pour la seule années 1935. » (page 305)

De fait, cette cinquième vague – conditionnée pour partie par les mesures antisémites prises par les nazis – établirait, selon Georges Ayache, un véritable record :
« De fait, la nouvelle alyia – on en était à la cinquième, qui devait s’étendre de 1933 à 1939 – enregistra au total plus de deux cent mille nouvelles entrées. » (page 311)

Avec les conséquences que l’on devine pour les populations arabes :
« Parallèlement, les achats de terres par les Juifs se poursuivaient à un rythme accéléré et les fellahs s’en allaient grossir les rangs des journaliers sous-payés des villes. » (page 311)

Mais 1936 en Palestine, c’est encore autre chose, qui ne peut que concerner le nouvel arrivant. Georges Ayache en rend compte à travers une formule saisissante :
« Le 19 avril 1936, l’irréparable survint. » (page 318)

C’est la grève générale. Ce sont les assassinats de Juifs par les Arabes de Palestine. Selon Georges Ayache :
« Les objectifs de la grève étaient clairs : l’interruption de l’immigration juive, l’interdiction de l’achat de terres par les Juifs et la mise sur pied d’un gouvernement national arabe en Palestine. » (page 319)

L’année suivante, en juillet, un autre événement – très étrange au regard du futur – se produit que notre auteur n’hésite pas à nous rapporter dans toute sa crudité :
« […] Adolf Eichmann, qui n’avait pas encore la haute main sur le dossier juif, effectua une tournée au Proche-Orient. Après avoir passé une journée à Haïfa, il rencontra au Caire un agent sioniste auprès duquel il s’informa soigneusement des conditions d’insertion des Juifs allemands en Palestine. » (pages 325-326)

Et voici ce que nous lisons, quelques lignes plus bas, sur la même page :
« À Haïfa, on venait de découvrir un trafic d’armes à destination de groupes sionistes. Vérification faite, ces cargaisons d’armes provenaient de l’Allemagne nazie… » (page 326)

Les points de suspension sont effectivement de Georges Ayache. Quant à ce « on » qui « venait de découvrir un trafic », il s’agissait des Britanniques, c’est-à-dire de la puissance mandataire.

C’est dans ce contexte qu’en 1939, Julius Margolin se rend à Lodz en Pologne, sans que nous puissions deviner ce que sont ses motivations…

Ouvrons maintenant son livre, ce livre qu’il a écrit quelques années plus tard en Palestine, précisément de décembre 1946 à octobre 1947.

Michel J. Cuny


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